Il existe des centaines de phobies, dont certaines sont plus connues que d’autres. L’un de ces nombreux troubles est l’ergophobie, Cette phobie se caractérise par une peur irrationnelle et excessive du travail, génératrice d’un stress intense.

Les personnes souffrant d’ergophobie ressentent régulièrement de l’anxiété lorsqu’elles doivent aller travailler ou même lorsqu’elles doivent parler à leurs collègues. Dans les cas graves, leur anxiété empêche même ces personnes d’exercer leur emploi.

Définition de l’ergophobie

Le terme “ergophobie” désigne un trouble connu en psychologie et qui consiste en une peur du travail. La personne atteinte a tendance à éviter tout ce qui a trait au travail, qu’il s’agisse de vêtements, de lieux ou encore de collègues.

Découvrez la défintion complete sur esprithealthy.com

L’ergophobie : principes et symptômes

En quoi l’anxiété liée au travail relève-t-elle de la phobie ?

La définition de la phobie en psychologie inclut la peur intense d’un objet ou d’une situation qui n’est pas réellement dangereuse. Le mot vient du grec « phobos », qui signifie « panique ». 

Dans l’ergophobie, les causes apparentes de l’anxiété sont clairement identifiées, puisqu’il s’agit d’un certain nombre de situations liées au travail, mais aussi des objets, des personnes ou des lieux qui les rappellent. Le déclencheur de la peur est donc le travail et tout ce qui y est lié.

Comme d’autres troubles psychologiques, l’ergophobie a ses propres caractéristiques et symptômes. Cependant, les phobies de quelque nature qu’elles soient partagent généralement les caractéristiques suivantes :

  • Peur d’un objet ou d’une situation particulière (par exemple, le vol, les hauteurs, les animaux, les aiguilles, le sang, etc.)
  • L’objet ou la situation qui provoque la phobie génère directement la peur.
  • Les personnes ayant une phobie évitent donc activement ce qui provoque leur anxiété. 
  • La peur est disproportionnée par rapport au danger réel que représente le déclencheur et également par rapport au contexte socioculturel.
  • La peur et l’évitement de la peur provoquent des problèmes cliniquement significatifs. Ces problèmes peuvent se situer dans le contexte du travail, de la vie sociale ou d’autres domaines fonctionnels importants.
  • Les personnes ont souvent plusieurs phobies associées.
  • Environ 75 % des personnes ayant une phobie spécifique la voient déclenchée par la confrontation à une situation ou un objet.

Principaux symptômes de l’ergophobie

Chacun de nous peut connaître des états d’anxiété au travail. C’est le cas, par exemple, lorsque l’ambiance entre collègues n’est pas bonne, lorsque des pressions s’exercent ou même qu’il y a harcèlement. 

Dans les situations que nous citons, l’anxiété liée au travail est alors normale. Elle peut aussi relever de techniques de management autoritaires, qu’une personne sensible a du mal à supporter. Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’ergophobie. Néanmoins, l’anxiété provoquée par de mauvaises expériences au travail peut parfaitement déclencher une ergophobie.

A l’inverse de ce qui se produit dans le cas de personnes soumises à des situations réellement anxiogènes au travail, les patients souffrant d’ergophobie éprouvent une peur irrationnelle et excessive de leur lieu de travail. Ce type de peur se caractérise par son intensité.

Les personnes qui souffrent d’ergophobie se rendent compte que leur peur n’est pas rationnelle. Elles savent que cette anxiété est disproportionnée par rapport à la situation réelle. Néanmoins, elles ne peuvent pas maîtriser leurs émotions et la plupart du temps, elles ressentent une peur paralysante. Les personnes qui souffrent de ce type d’anxiété face à leur environnement de travail sont incapables de contrôler leur peur et se sentient impuissantes, à sa merci.

Afin de diagnostiquer l’ergophobie, la personne concernée doit ressentir une peur persistante du travail. Cela signifie qu’il ne sert à rien de changer de travail. L’anxiété et le stress sont liés au fait de travailler, d’être confronté à des conditions et à un environnement de travail, de devoir communiquer avec des collègues.

Ainsi, dans le cas d’un harcèlement générateur d’angoisses au travail, la cause est bien réelle, et la réaction de panique est généralement en rapport avec l’intensité de l’agression. A l’inverse, dans le cas de l’ergophobie, même un environnement de travail bienveillant peut être perçu comme agressif et intolérable.

Une autre caractéristique de l’ergophobie est la poursuite de stratégies d’évitement. Les personnes souffrant de ce trouble essaient à tout prix d’éviter les déclencheurs d’anxiété liés au travail. Dans le pire des cas, cela peut conduire au chômage.

Les causes de l’ergophobie

L’ergophobie se développe par les mêmes mécanismes que d’autres phobies. Une des causes peut être une expérience négative ou traumatisante au travail, mais les phobies peuvent également être acquises dans le contexte d’autres expériences.

Les gens peuvent développer des phobies en raison de facteurs directs et indirects. On parle de cause directe lorsque la personne elle-même fait une expérience négative. Mais l’ergophobe peut aussi avoir été témoin d’un événement traumatisant lié au travail. Dans ce cas, la cause est indirecte. 

Dans la pratique, on constate en psychologie que la plupart des personnes ergophobes ont subi une expérience négative directe. Celle-ci crée un conditionnement, qui associe le stimulus et la réaction.

Dans le cas de l’ergophobie, le stimulus est une expérience désagréable au travail et, par conséquent, les personnes associent leur lieu de travail à cette expérience. Habituellement, l’expérience comporte plusieurs composantes, par exemple  :

  • Manager ou supérieur hiérarchique toxiques
  • Stress 
  • Discours dévalorisants
  • Situation de harcèlement

Souvent, lors de l’expérience initiale qui déclenche la phobie, plusieurs causes sont associées. Par la suite néanmoins, un seul stimulus suffit à rappeler l’expérience traumatisante.

Chaque fois que la personne est confrontée à l’un des stimuli, elle réagit avec crainte. Pour de nombreuses personnes touchées, cela signifie agitation, peur, panique, transpiration, etc. – même si le patron toxique a depuis longtemps cessé de donner des ordres à leur sujet.

Les personnes atteintes cherchent à éviter à tout prix les éléments déclencheurs de leur ergophobie. Elles tendent donc à éviter tout ce qui a trait à leur lieu de travail. Lorsque la stratégie d’évitement est réussie et lorsque les patients s’évadent de leur lieu de travail, elles se sentent beaucoup mieux. 

En psychologie, il s’agit d’un phénomène de renforcement des apprentissages : l’évitement contribue au bien-être et par voie de conséquence, renforce l’ergophobie.

Existe-t-il un remède contre l’ergophobie ?

Le traitement de l’ergophobie, tout comme celui d’autres phobies, doit être adapté à la spécificité de la pathologie et des symptômes. L’une des façons de traiter est la thérapie dite comportementale. 

Dans cette thérapie, les personnes concernées sont confrontées à la stimulation induisant la peur avec une intensité croissante et peuvent ainsi apprendre à réduire leurs anxiétés. Cela permet de rompre le conditionnement décrit ci-dessus.

Vous pensez souffrir d’ergophobie ? Si c’est le cas, nous vous recommandons de solliciter l’aide d’un psychologue. Il est préférable de consulter pour avoir l’avis d’un spécialiste des phobies. Votre thérapeute peut vous aider à sortir de cette spirale négative. 

Une thérapie réussie vous permettra d’apprécier à nouveau le monde du travail, comme c’était le cas auparavant. 

Au point suivant, nous vous donnons quelques pistes pour prendre en charge l’ergophobie.

Instructions étape par étape : comment lutter contre l’ergophobie ?

1 – Ne pas se laisser culpabiliser

Avant tout, il est important de ne pas vous laisser culpabiliser. Vous n’êtes pas responsable de votre trouble anxieux, et contrairement à ce que vos collègues et amis peuvent vous dire, il ne suffit pas que vous fassiez un effort pour vous en sortir !

Vous n’êtes pas non plus paresseux, comme on cherche parfois à vous en convaincre. L’ergophobie est bien une pathologie, reconnue en psychologie. Elle consiste en ce que vous ne pouvez en aucun cas reprendre le travail de manière sereine. 

Votre anxiété se manifeste de manière intense lorsque vous vous rendez par exemple au bureau. Elle s’apaise en partie par la suite, au fil de la journée, mais elle demeure néanmoins présente, comme une menace à l’arrière-plan. C’est ce qui rend le syndrome de l’ergophobie tellement intolérable !

2 – Essayer de cerner les domaines de la vie professionnelle qui provoquent la peur

Comme nous l’avons vu plus haut, la peur du travail peut être provoquée par un ou plusieurs éléments de l’environnement professionnel. Par exemple :

  • Peur du jugement des collègues
  • Peur du jugement par la hiérarchie
  • Peur des reproches
  • Peur de mal faire ou de se tromper
  • Peur de prendre la parole, etc.

Avant de consulter un psychologue, essayez de cerner votre ergophobie et ses causes.

3 – Essayer de retrouver l’événement déclencheur dans votre passé

La psychologie nous explique que l’ergophobie est sous-tendue par un grand manque de confiance en soi, dont la cause se trouve le plus souvent dans une expérience négative vécue sur le lieu de travail :

  • Burn out
  • Licenciement difficile
  • Période de chômage
  • Situation de harcèlement au travail, etc.

La peur se situe au niveau de notre cerveau reptilien, la partie la plus ancienne de notre cerveau. Vous ne pouvez la raisonner. Vous devez donc identifier les causes de votre conditionnement négatif.

Depuis, votre emploi est assimilé par votre cerveau reptilien à un facteur de danger mortel. Vous ne pouvez donc plus contrôler votre peur, puisque le cerveau enclenche un mécanisme instinctif de défense.

4 – Libérer les blocages émotionnels

 Vous pouvez évidemment tenter de changer d’emploi. Si cette solution pratique fait disparaître ou atténue considérablement vos symptômes, au point de laisser percevoir une véritable guérison sur le long terme, c’est que vous n’êtes pas vraiment atteint d’ergophobie. 

A l’inverse, si votre ergophobie est confirmée, vous devez procéder autrement. Vous allez devoir libérer vos blocages émotionnels. Plusieurs techniques sont applicables et vous pouvez les mettre en œuvre vous-même. Néanmoins, vous faire aider par un thérapeute spécialisé en psychologie vous sera d’une grande aide.

L’une des techniques les plus intéressantes est celle qu’a développée le psychologue américain Peter Levine. Ce spécialiste de l’anxiété post-traumatique a soigné des vétérans atteints de phobies, qui ne parvenaient pas à retrouver une vie normale. Mais ses préconisations se révèlent tout aussi utiles pour un trouble comme l’ergophobie.

Conseil de lecture :

réveiller le tigre

Pour faire simple, la technique de Peter Levine consiste à faire imaginer à patient qu’un tigre le menace. Il s’agit là d’un type de danger auquel le cerveau reptilien est très sensible, puisqu’il a été conditionné aux premiers temps de l’humanité pour répondre à ces situations.

P. Levine demande alors aux personnes de ressentir le tremblement de la peur et de le manifester dans leur corps. Au bout de quelques séances de tremblement, la peur disparaît, quelle qu’ait été son origine traumatique.

5 – Suivre une thérapie cognitive et comportementale ou TCC

Soigner l’ergophobie ne peut souvent pas se faire d’un jour à l’autre. Il faut en effet reprogrammer son cerveau afin de le détourner de ce qu’il a répété durant des années. Comme une personne atteinte d’une phobie ne parvient pas à différencier les peurs irrationnelles des peurs qui sont fondées, il faut dissoudre les conditionnements.

Cela passe par l’acquisition de nouvelles manières de percevoir les situations de la vie. Parmi les thérapies les plus intéressantes figure la thérapie cognitive et comportementale. Elle est largement utilisée en psychologie pour prendre en charge l’ergophobie.

L’approche consiste à se désensibiliser. On traite l’ergophobie un peu comme si c’était une réaction allergique. La personne se confronte progressivement et de manière répétée aux stimuli de crises : situations, collègues, supérieurs hiérarchiques, lieux, objets. Mais avant cela, il est nécessaire d’apprendre des techniques pour éviter le stress. Nous y reviendrons.

Conseil de lecture :

la TTC

Démarche de la TCC :

  • Apprentissage de techniques de relaxation
  • Votre thérapeute vous demande de faire la liste des situations qui provoquent de la panique
  • Votre thérapeute élabore des exercices concrets pour vous confronter à vos peurs et vous apprendre à gérer vos attaques de panique.

De nombreuses études ont montré que l’accoutumance progressive est efficace pour lutter contre les phobies.

6 – La psychanalyse pour surmonter l’ergophobie

Il peut arriver que vous ne parveniez pas à faire émerger votre traumatisme, qu’il soit suffisamment enfoui dans l’inconscient pour qu’il vous soit impossible de le reconnaître. Dans ce cas, il vaut mieux envisager une psychanalyse. 

Pour les psychanalystes, les phobies expriment un conflit intériorisé et rangé dans votre subconscient. Les séances de psychothérapie vous aideront à faire émerger ce conflit et donc les causes de votre ergophbie.

Le thérapeute procède en vous aidant à déconstruire vos anciens schémas de pensée, vos stratégies d’évitement. Il vous est plus facile de regarder en face ce qui vous pose vraiment problème. Dès lors, vous pourrez envisager une autre thérapie, comme celle dont nous avons parlé au point 5.

Techniques de relaxation contre l’ergophobie

L’ergophobie peut être liée à de réelles crises de panique. Parfois, elles sont augmentées par les facteurs de stress dans votre emploi. Il existe de très nombreuses techniques de relaxation. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez généralement les appliquer partout, y compris lorsque vous êtes au bureau.

Le yoga

A pratiquer chez vous ou directement au bureau, sur votre chaise, puisqu’il en existe des version à pratiquer assis ;

La respiration consciente 

Suivez le rythme de votre respiration et concentrez-vous sur l’air qui entre et qui sort – la technique peut être pratiquée assis, debout ou en marchant. Appliquez-la si vous sentez monter la panique.

La respiration ventrale

Quand on a peur, on a tendance à bloquer la respiration au niveau de la poitrine. Forcez-vous à gonfler votre abdomen, l’effet de relaxation est pour ainsi dire immédiat ;

La méditation

Pratiquée au quotidien, la méditation vous aidera à mieux maitriser vos pensées et ainsi combattre cette phobie.

Le Qi Gong ou le Tai Chi 

Un ensemble de mouvements simples et rythmés par la respiration, qui permettent de relâcher les tensions ;

https://www.youtube.com/watch?v=DQK67MHMHoc

La sophrologie

Une technique inventée par le docteur Caycedo, psychiatre, qui synthétise des méthodes employées à la relaxation, à la méditation et au yoga.

Autres solutions contre l’ergophobie

Certaines personnes éprouvent de grandes difficultés à se relaxer lorsqu’elles souffrent d’une crise de panique due à l’ergophobie. 

C’est dans ce contexte que les traitements médicamenteux peuvent se révéler incontournables, même s’ils ne devraient être prescrits que sur un temps très court, de manière à permettre à la personne d’échapper à ses symptômes et de mieux faire face aux situations.

Une autre alternative figure dans l’utilisation de nootropiques, sous la forme compléments alimentaires.

Les traitements médicamenteux

Les médicaments destinés à lutter contre le stress et les crises de panique, ou encore les troubles anxieux peuvent être ponctuellement prescrits. Ils ne permettent cependant pas de soigner la cause de votre anxiété et de votre ergophobie.

Les compléments alimentaires

Vous ne souhaitez pas prendre de traitements psychotropes ? Pourquoi ne pas vous tourner vers les compléments alimentaires ? Certains permettent de se relaxer, d’apaiser les peurs et de retrouver plus de bien-être et de sérénité. Comme vous dormirez mieux, vous serez moins angoissé au travail et vous surmonterez mieux les situations qui vous provoquent des crises d’ergophobie.

Quelques suggestions :

  • L’huile de CBD
  • Le 5HTP
  • Les extraits de Griffonia
  • Le GABA
  • La mélatonine

Conclusion

Vous souffrez d’ergophobie ou vous connaissez une personne qui en souffre ? Dites-nous ce que vous avez pensé de ce guide. Avez-vous pu progresser en appliquant certaines des méthodes proposées ? En appliquez-vous d’autres ?

Selon la gravité des symptômes, l’ergophobie peut relever de la psychanalyse ou d’un traitement médicamenteux. Mais vous pouvez de votre côté pratiquer des techniques de relaxation ou vous aider des conseils issus de la recherche en psychologie.